Mercredi 4 novembre 2009

Charles est un prénom germanique issu de karl, viril, mâle, quelquefois pris au sens de mari et d'époux et quelquefois comme un équivalent de travailleur ou d'homme de la terre. Ce qui explique qu'en anglais ce mot ait donné naissance à churl, le rustre, le manant.
Quinze saints, une centaine de monarques, des guerriers célèbres, des écrivains illustres ont donné à Charles un retentissement incomparable dans tout le monde occidental. À l'origine de cette prodigieuse carrière, Charles le Grand - c'est-à-dire Charlemagne - père fondateur de l'Europe, qui fut béatifié par l'Église en 1164. On le fêtait le 28 janvier, jour de congé pour nombre d'écoliers de France et d'Allemagne : Charlemagne était en effet leur saint protecteur. Charles, transcrit dans la plupart des langues européennes, a fait, depuis la mort de l'empereur Charlemagne en 814, des carrières très diverses. Par exemple, en Angleterre, du XVIIIe siècle à la fin du XXe, il ne cessa de figurer parmi les cinquante prénoms masculins les plus attribués. Aux États-Unis, il fut pendant soixante-quinze ans, de 1890 à 1965, l'un des cinq prénoms du palmarès. En France également, il se classa pendant tout le long du XIXe siècle entre le septième et le onzième rang. Ces remarquables succès sont loin d'être épuisés, d'autant que de nombreuses variantes orthographiques ou phonétiques viennent aujourd'hui au secours de Charles : pas loin de deux mille nouveaux Charles sont nés au cours de l'année dernière. On les fête en mémoire d'un grand aristocrate italien, Charles Borromée, neveu du pape Pie IV, nommé cardinal à 22 ans et archevêque de Milan quatre ans plus tard. Il joua un rôle important au concile de Trente (1545-1563) qui parvint à arrêter l'expansion de la Réforme protestante. Il sut donner à la formation du clergé de l'époque une grande impulsion.

  • Une puissante ossature, des muscles volumineux, des mains géantes, des pieds extraordinairement pointés vers l'extérieur... voilà les quelques signes qui révèlent indiscutablement Charles. Il se déplace et se meut avec lenteur, une lenteur presque étudiée qui exaspérerait les gens pressés ou nerveux. Sa voix grave et rauque constitue un de ses charmes.

  • Charles a un solide appétit sexuel sur lequel l'âge a peu d'incidence. Bien sûr, il n'est pas très fort en préliminaires, ni en épilogue, considérant les jeux érotiques comme des fioritures. Mais quand il s'agit de l'essentiel, il n'a rien à envier aux autres hommes ; il peut se mesurer avec les femmes les plus exigeantes.

  • Pourtant, courir les jupons serait la dernière de ses préoccupations, si jamais c'en était une. Le natif marié se montre généralement d'une fidélité exemplaire, et le célibataire est sage comme un moine.

  • Puisque son travail constitue sa raison d'être, Charles a souvent tendance à s'y donner tout entier en négligeant ses autres obligations. Il se croit bon mari et bon père parce qu'il pourvoit consciencieusement aux besoins matériels de sa femme et de ses enfants. Il oublie que son foyer a aussi besoin de sa présence, de ses caresses, de sa participation aux multiples activités quotidiennes. On lui conseillera de se détacher de temps en temps de ses préoccupations professionnelles pour s'entretenir avec sa femme sur la nouvelle flambée des prix alimentaires, sur la rareté des pommes de terre ou du sucre, sur la mode du printemps prochain ; pour discuter avec son fils sur le championnat de France de football ; ou encore pour féliciter sa fille de son succès au concours régional de poésie. Il dira que tout cela est artificiel et même ridicule, persuadé que les vrais sentiments sont muets. Mais c'est là qu'il se trompe, car les sentiments humains doivent s'extérioriser pour pouvoir toucher ceux qui en sont l'objet. Charles est-il plein de sollicitude et de tendresse pour sa famille ? Personne ne s'en rendra compte tant qu'il ne le traduira pas en faits et gestes concrets. Shakespeare disait, avec beaucoup de perspicacité : "Ceux-là n'aiment pas qui ne montrent pas leur amour."

  • Il importe que toute femme mariée à un Charles soit consciente de la réticence naturelle, voire la pudeur naturelle, de son mari. Celui-ci, je vous l'assure, est toujours plein de bonnes intentions. Mais vous ne le trouverez certainement pas assez attentionné. Bouder, pleurer, récriminer ne serviront pas à grand-chose, car il déteste le chantage sentimental. Acceptez-le comme il est et cherchez votre consolation dans des activités qui vous plaisent. Il se bonifiera avec l'âge, cela est certain, et peut-être aussi après avoir lu mes conseils dans cet article...

  • Charles a intérêt à lire beaucoup et à voyager fréquemment. Ce sont pour lui les meilleurs moyens de sortir de l'univers clos où il a tendance à s'enfermer. Il doit constamment se défier de l'encrassement moral.
Par evasion735 - Publié dans : prenom - Communauté : Vos articles nous intéresse !
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